L'humoriste célèbre, Gérald Dahan, s'est fait virer par « Rires et chansons » à cause d'un canular téléphonique dans lequel il se fait passer pour Eric
Cantona face à Nicolas Dupont-Aignan, et obtient des « révélations » croustillantes.
Ok, il est viré. Y a-t-il pour autant censure ?
Pas sûr, non.
Depuis toujours les humoristes satiriques sont en lutte contre les peoples ou politiques auxquels ils s'attaquent, c'est bien naturel, personne n'aime être moqué sur la place publique. La justice est souvent saisie, et le polémiste n'a pas toujours tort. C'est pour cela que ne je ne crois pas en la vraie censure.
En effet, Dahan bénéficiait d'un contrat de travail avec des clauses. Notamment, si j'ai bien compris, celle de respecter une ligne éditoriale et de se plier à la décision de ses supérieurs de diffuser ou pas son travail. Je suis bien persuadé que tous les journalistes publient leurs articles sous « contrôle », il serait anormal qu'un rédac'chef n'ait aucun droit de regard sur le travail d'un collaborateur. La supervision n'est pas une censure.
Dahan n'a pas respecté les clauses de son contrat, il est licencié. Par contre, son canular est disponible sur Internet, et on a parlé de l'affaire dans tous les médias. Où est la censure ? En Chine, un information gênante n'est pas diffusée, point barre. Vous ne saurez jamais ce qui a été censuré ! C'est ça la censure, ne pas laisser filtrer l'info.
Ce genre de conflits va plutôt dans le sens du politiquement incorrect. En effet, imaginez une société où tout est autorisé, où tout peut être dit, même le plus trash. Il n'y aurait plus de transgression. Si Hara-Kiri est si connu de nos jours, c'est bien parce que ce journal a eu de gros problèmes avec la justice. Guillon est très connu depuis son éviction de France Inter.
Je trouve ces bisbilles très saines pour la liberté d'expression, aussi paradoxal que cela puisse paraître.
Et puis, soyons lucides. En période électorale, un tel canular ne pouvait que mettre dans l'embarras le responsable de « Rires et chansons » ; comment ne pas prendre le risque d'une prise de position partisane avec une telle interview ? Pour bien faire, il aurait fallu piéger tous les candidats, et garantir la même « dose » de révélations, ce qui est impossible.
Dahan a réussi son coup. C'est un nouveau martyr de la « liberté d'expression », un rebelle qui tire son épingle du jeu en perdant certes un emploi, mais en gagnant une solide notoriété.