Je tiens à revenir sur le triptyque « Anneke Van Giersbergen » car bon nombre d'entre vous, sans doute, ne la connaissent pas, et se demandent probablement
ce qu'elle fout sur ce blog.
C'est une artiste que j'apprécie(ait?) beaucoup, voilà qui est dit.
Comme son nom l'indique, elle est néerlandaise. Elle a intégré en 1993 un groupe également néerlandais comme son nom ne l'indique
pas, « The Gathering »... Ce groupe, « The Gathering », officiait dans une sorte de doom métal atmosphérique sans grande envergure. C'était un groupe quelconque, et cette
petite nana de 18 ans est arrivée au bon moment pour le faire décoller. Car il a décollé ! Bon, ce décollage est surtout connu des amateurs de métal, faut rester lucide, n'empêche, le groupe
est passé de l'underground à une sorte de consécration, dès le premier album conçu avec Anneke, le fameux « Mandylion. »
Elle en a écrit tous les textes, et les a mis en valeur par un chant aérien de toute beauté. Les extraits proposés ces derniers
jours illustrent à merveille, je pense, cette particularité vocale. Mandylion est resté une référence en son genre, et a collé un bon coup de grolles dans les conventions du métal, ceux qui
s'agacent de voir des nanas pousser la chansonnette dans toutes sortes de groupes de métal peuvent maudire « The Gathering », car depuis cet album, les Pays-Bas n'est plus seulement le
pays du fromage, c'est également le pays des groupes de métal à chanteuse. Il y en a tellement de nos jours qu'un festival leur est dédié, le « Metal Female Voices Fest»...
Je pense qu'Anneke Van Giersbergen aime sincèrement le métal, ses participations nombreuses et répétées à des albums de métal
(Napalm Death, Devin Townsden, Moonspell) le démontrent bien, mais dans les faits, ça fait un bon moment qu'elle s'en détourne artistiquement parlant.
« The Gathering » abandonne le métal en 1998 avec l'album qui m'a fait découvrir ce groupe « How to Measure A
Planet ? », petit bijou de rock progressif et atmosphérique, appuyant sa promotion sur le seul morceau raté du double album (les cons!) « Liberty Bell »...
Les albums suivants seront également très réussis, et je n'hésite pas à considérer « Souvenirs » et « Home »
comme deux chefs-d’œuvre, l'un dans le trip-rock, l'autre dans le rock intimiste.
Elle quitte le groupe en 2006 pour se lancer dans une carrière solo masquée derrière un nom de groupe « Agua de Annique »
(bon, elle prétend que c'est un groupe pour faire honneur aux potes qui l'accompagnent, mais cela ne trompe personne!) et s'oriente vers un pop/rock très analogue à ce que propose, depuis son
départ, son ancien groupe « The Gathering », à la différence que le groupe a su conserver quelques bribes de sa superbe d’antan, tandis qu'Anneke Van Giersbergen adopte une approche de
plus en plus pop, convenue, pour tout dire banale. Je ne la suis plus dans sa nouvelle carrière, mais je lui souhaite malgré tout le meilleur pour cette année 2012, on verra ce que son dernier
opus, publié – enfin - sous son vrai nom (arrête de te cacher, c'est vrai, quoi, t'as un nom néerlandais, t'as un nom néerlandais, c'est pas grave!) donnera... Cela dit, quand j'écoute
« Feel Alive », parole et musique, j'ai peu d'espoir... Le titre est malgré tout efficace et pourrait remporter haut la main le concours de l'Eurovision !
En trois vidéo, nous suivons l'évolution musicale de cette artiste et ses différentes teintes capillaires, c'était important de le
souligner, j'en finis par me demander quelle est la « naturelle » !
J'en viens à son dernier clip « Feel Alive » ; ceux qui ne l'ont pas vu merci de vous jeter dessus et de bien
l'observer, il est là si vous le cherchez !
C'est un exercice de style, et bien entendu, comme tout exercice de style, il est complètement dépourvu de spontanéité et de
naturel. N'empêche. Anneke Van Giersbergen est une jolie femme, c'est incontestable, pas de quoi non plus s'en déchirer la couenne, tant pis si ne passe pour un mufle, mais si je m'intéresse à sa
carrière, ce n'est pas pour admirer sa plastique, c'est bel et bien pour écouter sa voix (je n'en dirais pas autant de Simone Simons, qui a pourtant une jolie voix elle aussi ! ) Je ne
pense pas qu'Anneke soit réputée pour son sex appeal, je suis même surpris de la voir ainsi mise en valeur.
Passé l'hypnose des premiers visionnages, il est passionnant d'observer le travail accompli.
La chanteuse est radieuse. La lumière y fait beaucoup. La moindre teinte de couleur ressort en vif, le rouge des lèvres, des
tatouages, le bleu des yeux, « l'or » des cheveux... c'est beau, lumineux, « pur »... Quand je vois la photo placardée sur cet article, je me demande si c'est la même
nana !
Quelle prise de risque, tout de même, de jouer l'hypnose du spectateur durant 3 minutes quarante, seule devant l'objectif. Tout est
calculé, chaque geste, chaque regard, chaque froncement de sourcils, chaque sourire... tout est calculé pour capter l'attention, et la maintenir jusqu'au final, là aussi très travaillé. Je me
demande combien de prises ont été nécessaires pour parvenir à ce résultat. C'est d'une perfection redoutable. Alors, on pourra en effet reprocher au clip cette perfection, millimétrée dans le
moindre détail, mais au final, que reste-t-il ? A mes yeux, il reste la sensation d'avoir « vu » le charme féminin, dans toute sa splendeur. Rien d'érotique, ou presque (on a quand
même l'impression qu'elle est nue, n'est-ce pas Bria !), c'est juste envoûtant.
Le réalisateur, ou plutôt, le metteur en scène - c'est là qu'on voit la différence entre ces deux approches de la conception d'un
film ; la réalisation est pauvre puisqu'il s'agit d'un plan fixe du début à la fin, tandis que la mise en scène est au cordeau! - a fait un beau cadeau à Anneke Van Giersbergen. En
valorisant sa beauté, en la sublimant, il a mis en boîte une certaine idée du charme et de la séduction, qui va bien au-delà de sa personne.
J'en fais des caisses, je sais, mais ce clip est une merveille, alors je le dis !